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DEJA EN 1976 LES MEMES REVENDICATIONS POUR LES FETES EN CENTRE VILLE RELAYEES PAR LE REGRETTE YVES MOUROUSI , SOUVENEZ VOUS
Yves Mourousi : l’avenir de la fête est dans le centre des villes
Défenseur des forains, l’animateur-journaliste s’inquiète d’une mise à la périphérie des zones urbaines d’une tradition culturelle qui est partie intégrante de la réalité vivante des villes et des villages.
EN 1976, Yves Mourousi fait son journal télévisé en direct des Tuileries, au milieu des manèges, alors que la fête foraine vient d’être interdite dans les jardins royaux. En 1994, il est président d’honneur de la foire du Trône et organise une grande réception sur la pelouse de Reuilly, toujours au milieu des manèges. Il convie le monde politique et celui du show-biz à festoyer sur la grande roue. Le journaliste télé tient décidément à défendre la fête. Pour nous en parler, il nous a donné rendez-vous « Chez Didine », une buvette de la foire, encore au milieu des manèges.
D’où vous vient cet intérêt pour la fête foraine ?.
Sans vouloir faire de la psychologie de bistrot, il vient de ma petite enfance. J’allais à l’école communale d’Orsay. La cour de l’établissement était entourée de plaques aveuglantes. Il fallait se hisser pour voir l’extérieur. Chaque année, un manège venait s’installer sur la petite place, face à l’école. C’était mon rayon de soleil, je connaissais par coeur le déroulé de son installation, jusqu’à l’allumage des premières ampoules.
Pourquoi défendez-vous la fête avec autant d’énergie ?
La fête foraine, c’est l’histoire de la communauté, qu’elle soit urbaine ou rurale. C’est l’endroit où l’on se réunit, sur la place de l’église. Avec l’extension des zones périurbaines, les maires ont eu tendance à reléguer la fête aux frontières de la ville, sur les parkings des supermarchés : les quatre cinquièmes des élus ont peur de la foule.
Comment garantir un bel avenir à la fête foraine ?
En la replaçant au centre de la ville. Elle doit s’intégrer totalement dans la vie quotidienne. C’est un lieu de convivialité - surtout dans les villages - entre gens du même coin. C’est le seul moyen qu’elle ait de pouvoir concurrencer les parcs d’attractions.
Quelle différences, justement, entre fêtes foraines et parcs d’attractions ?
Les parcs d’attractions se sont installés loin des zones urbaines intentionnellement. Euro Disney - j’ai travaillé cinq ans pour Disney ! - veut que le visiteur se coupe totalement du quotidien pour entrer dans un monde magique, un monde sans poteaux électriques. L’autoroute qui mène au parc sert de « soupape de sortie » avant d’entrer dans un « rêve ». Toutes leurs installations sont étudiées pour qu’à l’intérieur du parc on n’aperçoive pas un détail de la « vraie vie ». Un jour, je me promenais à Disneyland avec le PDG du parc, Michael Esner. Entre deux Mickeys, j’aperçois le haut d’un château d’eau. Je me tourne vers Michael Esner et je lui fais remarquer qu’il a perdu son pari, un bout de réalité émerge. Une semaine après, le château d’eau était enterré. Disney avait payé pour que l’on construise la retenue d’eau en sous-terrain.
Comment faire en sorte que la fête foraine ne dégénère pas en bagarre, comme cela s’est passé récemment il y a une semaine à la foire du Trône ?
Je crois qu’il faut qu’il y ait en permanence une surveillance « soft » de la part de la police, surtout pas de vigile ou de groupes d’autodéfense.
Que préférez-vous dans la fête ?
La foule. On a la paix dans la foule.
ANNE CICCO
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