News on Funfairs (french)
LA FETE FORAINE ET EURO DISNEY
LA FETE FORAINE ET EURO DISNEY |
|
|
LA FETE FORAINE ET EURO DISNEY Dans une lettre ouverte, Marcel Campion s’adresse aux responsables politiques qui ont encouragé et préparé l’installation d’Euro Disneyland. Défenseur, comme il le dit lui-même, inconditionnel du métier de forain, le président du comité pour le renouveau de la foire du Trône remet en cause l’intérêt de l’implantation de la firme américaine LA fête foraine est une vraie tradition, puisque certaines fêtes ont plus de mille ans d’existence. Les américains n’ont rien inventé, car lorsque Walt Disney a voulu réaliser son premier parc d’attractions, il s’est imprégné de la fête foraine en y intégrant son Mickey en sorte de thème. Savez-vous qu’il existe en France 50.000 entreprises foraines avec une population de travailleurs, d’artisans et de commerçants forains d’environ 300.000 personnes. C’est dire l’importance en France d’un tel potentiel d’existence ne relevant que de travail de la fête.
Savez aussi qu’aucune protection de ce métier de forains n’existe ? Alors qu’on l’on s’est efforcé de donner des milliards par le biais de travaux à l’Euro Disney, ainsi que des centaines d’hectares de terrain à une seul entreprise américaine, sous prétexte de créations d’emplois et d’animation d’une région. Exemple : dimanche 12 avril, ouverture d’Euro Disney : 20.000 visiteurs (malgré l’énorme battage médiatique effectué). La foire du Trône : 100.000 visiteurs. C’est le verdict du peuple, alors qu’aucun média ne s’en est fait l’écho, ni aucun responsable politique, qui pourtant pour la plupart avait été faire visite (d’allégeance) à Mickey. C’est prétendument le rêve américain, c’est dommage qu’il commence par un cauchemar. En effet, à l’entrée, c’est le budget d’une famille ouvrière pour le loisir qu’il faut verser, soit, pour quatre personnes, environ 1.000 francs, et après, si le parc est bien visité, cela vous donne le droit de faire la queue aux attractions, même si ces queues sont animées par des Dingos. Enfin, il y aurait à dire sur ces parcs américains et surtout sur celui-ci qui n’est que l’alibi d’une formidable opération immobilière, sur l’est de Paris, ainsi qu’une emprise touristique et de loisirs sur le périmètre dit de protection accordé à Mickey par l’Etat. Rappelons-le, 10 kilomètres autour de Mickey sont interdits aux entreprises de loisirs sans l’accord de Mickey. Il est évident que ces accords restent en travers de la gorge des artisans et commerçants forains, qui réclament depuis des années une reconnaissance officielle, à seul fin d’assurer la pérennité d’un métier traditionnel existant en France, sans être une seule fois pris en compte. il a fallu que les professionnels de ce métier se battent pour continuer d’exister, pour qu’en France une certaine reconnaissance officieuse ait lieu. Des forains ont créé des batailles rangées avec des services de police qu’on leur a envoyé, telles celles de Paris en 1983, Nancy en 1987 et dans de nombreuses autres villes de France. Notre métier représente un des seuls lieux où toutes les couches sociales sont réunies et où il est permis de s’amuser ensemble. Un métier où tous les Français sont allés au moins une fois dans leur vie : la fête foraine. Bien entendu, il faut que ces espaces de fêtes soient bien encadrés et ne permettent pas à quelque personnes de gêner l’amusement général. C’est pourquoi un besoin de police est évident sur les lieux de fête pour assurer la tranquillité de tous. Mais bien souvent, cela n’est pas pris en compte par le préfet du secteur, parce qu’il n’y a pas de textes le prévoyant, et lorsqu’une fête foraine est suspectée de quelques incidents par des éléments de trouble, bien souvent certaines municipalités, au lieu de comprendre ou d’organiser correctement cette gestion, suppriment carrément la fête foraine, pensant que ces éléments de troubles seront ainsi supprimés. Cela est absurde, car celui qui veut troubler ou voler quelque chose change tout simplement d’objectif s’il y a lieu. Tout le monde n’a pas, comme on l’a vu dimanche 12 avril, 1.000 policiers à sa disposition comme l’a eu Mickey. J’aimerais bien que Mickey m’explique comment il a fait pour avoir obtenu tout ce qu’il a eu. Car moi, qui tente de m’expliquer avec les pouvoirs publics depuis plus de vingt ans, je n’arrive pas ou presque pas à faire aboutir des revendications pourtant légitimes de ma profession. Les seules fois où quelques gestes ont été faits, il a fallu, pour qu’on nous entende, de nombreux blessés chez nous et chez les policiers. Qu’avons-nous fait, ou que n’avons-nous pas fait, pour être si peu pris au sérieux ? Pourtant, uniquement pour Paris, chaque année, la foire du Trône c’est cinq millions de visiteurs, la fête à Neu-Neu au bois de Boulogne, deux millions de visiteurs, la fête des Tuileries en été, un million cinq mille visiteurs. Au total, pour la seule capitale, quatre grandes foires annuelles accueillent dix millions de visiteurs, chiffre que Mickey aura du mal à atteindre. Que devons-nous penser des sponsors de Mickey, tel que (entre autres) les Télécoms qui ont versé des millions et qui ne peuvent même pas installer une cabine publique dans l’enceinte de la foire du Trône ? Tout cela est aberrant, et les élus qui ont poussé cette affaire américaine devraient s’interroger sur les réalités et voir comment ils devraient prendre au sérieux une profession telle que la nôtre pour en assurer sa pérennité, métier qui, lui, a la faveur populaire, le preuve n’est plus à faire. Depuis quelque temps, nous avons droit à un ministre de la Ville. Que celui-ci s’interroge sur ce que doit être la ville, et si celle-ci doit avoir des lieux d’animation. En effet, depuis quelques décennies nous avons assisté à la perte des places publiques qui servaient à recevoir les cirques, les fêtes et foires, au profit du béton ou de la voiture. Les banlieues qui ont été créées autour des villes n’ont même pas prévu ce genre de place publique. Je crois que là une réflexion devrait s’engager, car créer et amener la fête permet de s’amuser mais aussi de rêver et surtout d’être ensemble. Aujourd’hui, l’isolement dans les cages à lapins est un mal de société. La fête foraine pourrait en être partiellement un remède. Actuellement ont lieu en même temps en France des dizaines de foires et des centaines de petites fêtes foraines, et toute l’année ces forains changent de site et emmènent avec eux des idées et des marchandises qu’ils véhiculent de région en région, c’est aussi une raison pour laquelle nous n’avons pas d’élus particuliers, ni en mairie ni à l’Assemblée. Mais la réalité est là, et le législateur et le gouvernement devraient en tenir compte. Notre protection doit être assurée maintenant, il ne faut pas faire comme pour les baleines, attendre qu’il n’y en ait plus assez pour que tout le monde s’y mettent. Ailleurs, en Europe, la profession foraine est reconnue et pas en France. Il faut savoir qu’une reconnaissance et une protection inspirerait des industriels français à créer des matériels, manèges, stands et autres en France, alors qu’actuellement les forains français achètent 95% de leurs besoins à l’étranger, ce qui est dommage pour la France et pour ses travailleurs. Dans notre domaine de la fête, il existe un besoin et une nécessité de matériel en permanence renouvelé. Les pouvoirs publics qui ont été (apparemment) sensibles aux investissements de Mickey devraient être sensibilisés par les investissements possibles occasionnés par 50.000 entrepreneurs et travailleurs forains français existant en France. Il faut non seulement protéger cette profession, mais aussi la promouvoir. Marcel Campion.
|
| < Prev | Next > |
|---|










